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Festival Rumeurs Urbaines 02. Le jour où j'ai fêté mes 40 ans à Téhéran

Le jour où j’ai fêté mes 40 ans à Téhéran


Pour compléter l’interview d’Olivier Villanove parue dans le numéro 5 de la Rumeur...

Dans ton parcours de conteur, y-a-t-il une rencontre qui t’ait particulièrement marqué ?
J’ai fait une grande, grande rencontre : celle de Claudette Lheureux, une femme de 75 ans qui m’a formé au conte... et surtout à la vie ! Ça s’est fait sur un coin de la table, c’est une roublarde ! (rires). Elle, le conte, elle s’en fiche, ce qui compte c’est ce que tu as à transmettre, ce que tu as à dire.


Qu’est-ce qui dans ton périple t’a amené jusqu’en Iran ?

Je raconte des histoires et c’est le rapport à la parole qui m’intéresse. J’ai commencé à raconter au Québec, dans les cafés, en Occident donc,où la liberté de parole est là.Tu peux monter sur la table,"gueuler", dire tout ce que tu veux, tout est audible et recevable !
Puis, dans les années 90, je suis parti au Sénégal, dans la région de Zinguichor où sévissait la junte militaire.J’étais jeune, j’avais 25ans, nous travaillions sur un conte diola... C’était l’exotisme ! La réalité allait me donner une terrible claque. Nous étions dans un village de lépreux, accompagnés par les militaires : un char devant, un char derrière, carrément encerclés pour être protégés. Et là, je me suis dit "Dans quoi peut-on se mettre pour pouvoir raconter une histoire traditionnelle aussi naïve et simple, porteuse de tant de choses ?"
Plus tard, un peu par hasard, j’ai changé de répertoire avec les contes des Mille et une nuits. Etait-ce vraiment un hasard ? Je suis alors parti avec Clowns sans Frontières en Birmanie, dans les camps Karens, à la rencontre d’un peuple décimé, repoussé dans les camps de Thaïlande. Et là encore, la junte militaire ! On est en guerre et notre mission est d’aller auprès de gens qui n’ont plus accès au rire. On a joué devant des enfants qui avaient véritablement "perdu la vie"... l’oeil éteint. Quelle violence ! Ça vient toucher ton âme, c’est inhumain ! Et quand tu parviens à les faire rire, quand tu vois l’enfant qui rejaillit, tu te dis que tu as réussi à leur rendre, l’espace d’une heure, leur âme d’enfant. Même si derrière, tout cela s’éteint sous les coups de baguette, il y a cette petite graine qu’on est venu poser au fond d’eux. Ces missions se renouvellent chaque année, dans les mêmes endroits et de les entendre reprendre, dès qu’on arrive, tous les chants appris en Birman ou en Karen... Ça c’est beau !
J’ai été amené ensuite à travailler avec les centres culturels français en Afrique du Sud. C’était horrible ! J’ai joué à l’Alliance Française de Joannesburg devant une population de riches expatriés complètement abandonnés, souvent tombés dans l’alcoolisme. J’y ai même fait des Spectacles pour les flics (il rit) qui apprennent le français pour pouvoir interroger les expatriés délinquants ! Tu te trouves comme ça dans des situations incroyables !
Un jour, j’ai joué dans les townships de Prétoria où les gens allaient être virés pour construire le grand stade. Ce sont des endroits où tu ne peux pas rentrer comme ça mais où les gamins viennent pour des histoires à partager, des jeux, des cours d’école. "Et là, la vie, la vie ! La vie est partout ! C’est ouvert !

En fait, la question de la liberté de parole m’intéresse et me questionne énormément. Je suis arrivé à 37, 38 ans avec le doute de l’avant quarantaine. Je ne savais plus pourquoi je racontais des histoires. Je faisais mon job, touchais mon cachet, mais en fait, il ne se passait rien. J’aimais raconter, mais dans ma parole, qu’y avait-il d’essentiel ? Ce qui compte c’est ce qui vient te faire vibrer là (il pose la main sur le cœur), à un endroit qui te fasse te rendre compte que tu es vivant. C’est quoi l’humanité qui nous habite, qui nous anime, qui nous rassemble et nous bouscule ? J’en étais là quand j’ai découvert le cinéma iranien... et là, j’ai pris claque sur claque ! "Les mille et une nuits, les mille et un jours avec tous ces contes, voilà ce qui me nourrissaient !" J’ai eu alors l’opportunité de faire un voyage financé... Et ça a été l’Iran, cadeau quoi !

C’est là qu’Ali t’a offert « Le Livre des Rois » de Ferdowsi ?
Oui. Ali est devenu mon frère finalement. Il m’a présenté ses parents en Iran. Nous sommes devenus très proches. C’est Mahmoud, son père, qui vient toujours me chercher à l’aéroport. Et là, à Téhéran, je me suis pris à nouveau des claques mais des claques !

C’est ton père qui t’a donné le goût des voyages et très tôt tu as navigué avec lui ?
Oui, il était marin donc forcément, ça ouvre l’horizon.

J’ai lu de toi qu’on t’appelait "le cueilleur de bouts de vie"...
Moi, j’ai lu "l’orpailleur", j’ai aimé ça. L’idée de prendre du temps... partir quatre jours en vagabondage, comme les gens du Mississippi qui allaient chercher l’or. Ça leur prenait des mois pour trouver une pépite...



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