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Et si la marée, les vents et la lune rythmaient votre vie pendant quelques heures ? De presqu’îlien, vous le deviendrez entièrement... mais juste le temps de la marée haute. Vivre l’aventure de la mer qui monte et entendre des légendes et des contes, c’est s’ouvrir à une autre écoute du monde. Venez profiter de ce moment d’exception, hors du temps… (Consultez le calendrier)

Le livre « Contes et légendes du Finistère » est en vente dans toutes les librairies, espaces culturels et maisons de la presse du Finistère - tarif : 26 €
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L’art de tendre l’oreille ou l’art du conteur...
On dit de l’art du conteur qu’il est un art nouveau ou naissant puisque les conteurs d’aujourd’hui ne sont plus les conteurs d’hier ; mais pourtant c’est l’art le plus ancien de tous. Il est apparu comme une flamme dans la préhistoire. Il est né d’une pulsion vitale qui tenaille l’homme depuis toujours : raconter. Sa naissance est indubitablement liée à la maîtrise du feu par l’homme.
On le dit encore art mineur, petit, primitif, brut et rudimentaire car il ne fait appel à aucun feu d’artifice, aucun faste, aucune illusion propre au spectacle. Pourtant, il est le véritable art de la démesure, l’art de tous les excès, de tous les possibles. A voix nue, cet art est capable de muer les auditeurs en princesse et en sultan, en fée et en paysan ou encore en monstre effrayant. Il est capable de conduire dans l’infini du désert et de la mer, de renverser le ciel et la terre, de matérialiser l’invisible, d’ordonner le Chaos ! Ce petit art a l’étrange pouvoir de révéler le sens de l’existence, de bouleverser définitivement des vies humaines.
Il s’agit d’un art des paradoxes. Les conteurs le disent bien : « Plus je vous dirai, plus je vous mentirai. Plus je vous mentirai, plus je vous dirai la vérité » .
L’art de tendre l’oreille demande à aiguiser son oreille comme une lame. Une oreille bien affûtée fait preuve de discernement. Elle est capable de trancher des flots de palabres et de les pénétrer en profondeur. On ne peut trouver la vérité que dans les brumes du mensonge. Restez vigilant cependant, car ce genre d’instrument est à double tranchant. Vous faites une mauvaise entaille et la coupure peut faire très mal. Une oreille trop tendre est bien vulnérable et une oreille trop dure n’entend plus rien à la beauté véritable. Dans l’art de tendre l’oreille, il faut rester à l’affût et tendre, cesser d’écouter et chercher à entendre.
(extrait du livre « Contes et légendes du Finistère » - éditions De Borée, juin 2008)
« Troubadour des temps modernes, un peu rêveur, un peu ailleurs, mais tellement passionné, Loïg Pujol semble tout droit sorti d’une épopée arthurienne.
En guise d’épée, une parole poétique et profonde. Sur son blason, trois vertus sont entrelacées : humilité, sincérité et courtoisie.
Heureux sont ceux qui ont la chance de l’écouter »
Dominique Lesbros - Editions de Borée.

Je débute ma carrière professionnelle en 1993, en tant que metteur en scène. J’expérimente alors un concept de spectacle où narrateurs, comédiens et musiciens entraînent le public dans des aventures initiatiques, à la croisée des chemins de la Nature sacrée, du Patrimoine, des mythes et des légendes.
Peu après, en 1996, je rencontre la force du conte merveilleux à travers un travail sur l’interprétation des rêves. Je saisis alors le « merveilleux » comme une image qui « enchante », qui transforme et qui invite au chemin. Je découvre parallèlement l’art du conteur comme un équilibre du monde.
J’explore depuis, à travers l’art du conteur, le travail de l’image mentale comme un éveil à une acuité intérieure pour l’artiste et le public. J’étends cette recherche à d’autres domaines où j’interviens fréquemment : ateliers d’écriture, d’oralité, interventions en milieux scolaires, sensibilisation aux éléments-matières et atelier thérapeutique artistique.
Dans cette aventure, la conteuse Catherine Zarcate et Marc Aubaret par le biais du Centre méditerranéen de Littérature Orale (Cmlo), jouent les phares et m’aident ainsi à tenir barre et cap. Je viens de rendre un mémoire au Cmlo intitulé « Des Pays-sages passages comme des images » où j’interroge le fonctionnement de l’image mentale du conteur au public lors d’une racontée.
Fortement attaché à la terre de Bretagne et notamment au Pays Pagan, pays de vent, de mer et de pierre où j’ai grandi, dans le nord Finistère, je jongle entre légende, conte merveilleux et mythes grecs.
Dire une légende est ma façon de chanter ma culture, ma terre.
Dire un conte merveilleux ou un mythe m’amène à ouvrir un espace de rêverie où tous les hommes, tous les peuples se retrouvent autour de leurs grandes questions.
En 1999, je rencontre Jean-Luc Thomas, talentueux flûtiste du répertoire traditionnel breton mais surtout amoureux de rendez-vous atypiques entre les peuples, les arts et les musiques.
Ensemble, avec complicité, au-delà de tous clivages, nous jouons avec l’image, tantôt dans une faille, tantôt sur un pont. La musique s’installe dans le conte comme une seconde respiration qui prolonge la parole du conteur, comme une deuxième voix qui dit l’étrange et le mouvement.
De ce duo naît le spectacle « D’eau, d’arbre et de pierre », une approche sensible de la terre, de la littérature orale et de la musique de Bretagne...
En 2005, nous enregistrons un disque à partir de ce répertoire, qui marque une étape décisive dans notre relation et dans la rencontre du conte et de la musique. Depuis le répertoire commun ne cesse de s’enrichir et les expériences de se renouveler.
“Quand un conteur rencontre un musicien, naît une poésie étrange et envoûtante.
Un voyage initiatique, une réflexion sur l’homme, la vie, le monde,
au travers du filtre des contes populaires.”
Ficelle, magasine de l’ADDM 22 n°36 - Novembre 2005 - A propos de l’édition du CD « Histoire d’eau, d’arbre et de pierre ».