Remy Cochen, Conteur

Berlobi

Cette rubrique c’est un peu mon chez moi où, selon mon humeur, le temps qu’il fait, ce que les vents ou les songes apporteront, vous trouverez [[contes, poèmes, livres, enfin tout ce que l’on peut trouver à Berlobi. Vous avez bien lu : BER LO BI !

Berlobi, c’est un lieu !
Mais où se trouve Berlobi ?
Partout et nulle part !
Je m’explique.
Vous ne trouverez pas de carte ni de chemin indiquant la route à suivre pour vous rendre à Berlobi mais partout où vous êtes, Berlobi s’y trouve. Encore faut-il savoir s’y rendre et là à chacun de trouver son chemin. Celui des autres ne vaut rien.
Berlobi c’est votre domaine et tout y est possible. Vous pouvez tout imaginer, tout transformer. Les miroirs y ont d’étranges reflets et l’on s’y moque du temps et de l’espace.
Berlobi serait le pays de la Berlue, le pays des éberlués. Des gens que parfois l’on traite d’hurluberlu ou de conteur des merveilles, d’idiot du village ou de sage.
Mais ces gens sont peut être ceux qui veulent aller jusqu’au bout du vrai alors que le semblant suffit à bon nombre.
Ici vous ne trouverez aucun conseil sur la route à suivre pour vous rendre à Berlobi. Pourtant si l’aventure vous tente, un bon conseil, mettez vos pas dans ceux de ces raconteurs des merveilles et bonne chance !
De Berlobi, vous n’aviez peut être jamais entendu parlé ? Sans doute parce que Berlobi c’est la liberté. Une liberté contre laquelle nulle puissance ne saurait se prévaloir. Sans doute aussi parce qu’il n’y a pas de mots pour raconter Berlobi. Alors comme on ne sait pas dire le vrai on parle du semblant, on parle du travail, d’argent, de politique.
Mais si quelqu’un ose, que ses paroles s’envolent, aussitôt on parle de berloberie, on le traite de menteur, tête folle, poète ou conteur.
A berlobi deux et deux peuvent faire bien autre chose que quatre et les maîtres crieront ce qu’ils voudront.
Alors :
ayez pour suc et sève
Le nom de Berlobi,
Des pommiers dans la grève,
Des poissons plein le nid,
Des bois courant sans trêve
au creux des rus taris,
Un cirrhus qui s’élève
Contre sept vents unis,
Du soleil sur le rêve
Et la lune à midi.

Et nous irons à Berlobi - Contes du vrai et du semblant de Pierre Jakez Helias - Edition : juliard.


Dans Les Voies de l’imaginaire enfantin, Georges Jean écrit : « La vie imaginaire est beaucoup plus qu’un besoin vital, c’est une nécessité1 ». Si l’art, en effet, a toujours tenu une si grande place dans toutes les civilisations, c’est bien parce qu’une part de l’homme « nécessite » une vie imaginaire ; une vie hors d’un monde rationalisé, hors d’une société sociale et morale, hors de la réalité quotidienne, c’est-à-dire, hors de toute limite. Tous les hommes fantasment, tous, songent : en clair, tous imaginent. Cette exigence et ce goût de la rêverie, de l’imaginaire, sont en outre des prédispositions que l’homme a dès sa naissance, et qui sont à leur apogée dans les premiers temps de sa vie. L’enfance est effectivement, un état de l’homme durant lequel toute son attention est orientée vers l’imaginaire, comme nous le montre bien son amour quasi-exclusif pour le jeu. Il tire de celui-ci, une grande partie de sa joie et de son bonheur. La création par l’imagination, d’un monde personnel, nouveau, ou du moins, réarrangé en toute liberté par les soins d’un enfant, ne laisse de place qu’à sa propre personne et qu’à son bon plaisir…

représentation de l’imaginaire enfantin


Voici un texte extrait de Quêteur de mémoire de Pierre Jakez Helias

Toute parole n’est pas conte, bien sûr, mais toute parole à tendance à se tourner en conte dès l’instant que celui l’émet trouve plaisir à s’en servir non pas pour informer ou convaincre mais pour s’enchanter lui-même en exerçant sur les autres un pouvoir de séduction.
Autrement on se saurait se faire conteur sans être poète, sans qu’un démon vous pousse à trouver aux agencements des mots un support qui justifie leur emploi hors de la banale communication. Le conte est le meilleur prétexte à cela. Il n’a même pas besoin d’auditoire humain : les oiseaux, les arbres, les buissons, les pierres du chemin lui suffise avec tous les animaux de la création.
C’est a peu près ce qu’à confié à PJH un homme que l’on prétendait simple d’esprit parce qu’il parlait tout seul dans un coin de champ.


Information éditée ou mise à jour le mercredi 4 janvier 2012 par Contes d'Ici et d'Ailleurs.